Une formation bien préparée, un contenu solide, un formateur compétent… et pourtant, à la fin, quelque chose n’a pas pris. Les participants étaient satisfaits, mais trois semaines plus tard, il ne reste pas grand-chose.
La quantité d’informations transmises n’est presque jamais le problème. Ce qui compte, c’est le rapport entre le « SIGNAL » (ce qui favorise réellement l’apprentissage) et le « BRUIT » (tout ce qui détourne l’attention ou surcharge inutilement les apprenants).
🔊 Le « bruit » en formation
Le bruit, ce sont les éléments qui consomment l’attention sans contribuer aux apprentissages :
- Bruits périphériques : retards, problèmes techniques, supports trop chargés.
- Bruits décoratifs : présentations esthétiques mais peu utiles, jeux sans lien avec les objectifs.
- Bruits distrayants : discussions hors sujet, excès d’animations, multitâche sur smartphone.
- Bruits routiniers : cours magistraux interminables, activités répétitives sans valeur ajoutée.
- Bruits trompeurs : confondre présence, participation ou satisfaction avec un véritable apprentissage.
Selon les sciences cognitives, ce bruit augmente la charge cognitive inutile et nuit à l’ancrage durable des connaissances.
✅ Le « signal » en formation
Le signal regroupe tout ce qui aide réellement à apprendre :
- des objectifs clairs ;
- des feedbacks pertinents ;
- une réflexion sur les pratiques ;
- une mise en action ;
- une mesure des progrès ;
- des liens explicites avec le travail réel.
Le signal permet de mieux retenir, comprendre, transférer et appliquer les apprentissages.
🎯 Comment renforcer le signal
En présentiel :
- Demander à chaque participant ce qu’il va appliquer concrètement, une fois revenu à son poste.
- Alterner les activités toutes les 15 à 25 minutes avec des pauses structurantes.
- Questionner davantage les apprenants plutĂ´t que multiplier les contenus.
- Faire formaliser par écrit les actions à retenir et à mettre en œuvre.
En classe virtuelle :
- Des séquences plus courtes (10 à 15 minutes maximum).
- Des supports visuels simples et peu chargés.
- Une variété régulière des activités pédagogiques.
- Une reformulation systématique des apprentissages par les participants.
đź’ˇ La vraie question Ă se poser
L’efficacité d’une formation ne se mesure pas à la quantité de contenu, mais à ce qu’on a su laisser de côté. Ces recommandations s’inscrivent dans la continuité des travaux de John Sweller sur la charge cognitive et de Richard Mayer sur l’apprentissage multimédia.
La prochaine fois que vous construisez une session, posez-vous une question simple :
Qu’est-ce que je peux retirer sans rien perdre ?
Sources : Henri Occre, C-Campus ; John Sweller, Cognitive Load During Problem Solving: Effects on Learning ; Richard E. Mayer, Multimedia Learning.